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28 septembre 2026À Oger, Didier Dzieciuk cultive bien plus que des vignes. Depuis près de 40 ans, le
vigneron bouscule les codes avec Champagne Éléonore, une maison familiale où
créativité, expérimentation et savoir-faire se rencontrent. De cuvées aux noms intrigants
aux méthodes de vinification atypiques, le domaine revendique une philosophie : faire
autrement pour révéler le terroir.
« Je défie donc je suis. »
Il suffit de quelques minutes avec Didier Dzieciuk pour comprendre que sa devise n’a rien d’une formule marketing. Le vigneron a pris les rênes de l’exploitation familiale en 1986, à seulement 21 ans, dans l’un des villages classés grand cru de la Marne. Là où beaucoup auraient choisi de perpétuer une tradition bien rodée, il a préféré la questionner, cuvée après cuvée.
Des bouteilles qui piquent la curiosité

Chez Champagne Éléonore, l’originalité commence dès l’étiquette. « Ambigramme », « Mystère 9 », « Cette cuvée n’a ni début ni fin » : les noms interpellent avant même que le bouchon ne saute. Le ton est donné. La maison ne cherche pas à rassurer l’amateur avec des codes familiers, elle l’invite à se laisser surprendre.
Cette liberté s’étend au-delà du champagne. Au fil des années, le domaine a élargi sa gamme à d’autres créations, comme un ratafia au safran ou la cuvée « Fantasmagorie », qui résument à elles seules l’état d’esprit de la maison : suivre son intuition plutôt que les attentes du marché.
Trois contenants, trois caractères
Cette audace n’a rien d’improvisé. Elle repose sur un vrai travail de cave. Didier Dzieciuk a fait le choix de vinifier et d’élever ses vins dans trois types de contenants, chacun apportant sa signature.
Les cuves inox, neutres, préservent la fraîcheur et le fruit du chardonnay sans rien lui ajouter. Les tonneaux de bois, plus petits, laissent le vin respirer davantage et lui donnent des notes plus boisées, parfois vanillées. Entre les deux, les foudres champenois, ces grands fûts traditionnels, permettent une oxygénation lente et douce qui apporte rondeur et complexité. En jouant sur ces trois outils, le vigneron compose ses cuvées comme on assemble une palette.
La vivacité comme signature

Autre choix fort : la plupart des champagnes de la maison ne font pas leur fermentation malolactique. Cette étape, pratiquée par une grande majorité des producteurs, transforme l’acide malique du raisin en acide lactique, plus doux. Le vin gagne en souplesse, mais perd une partie de sa tension. En y renonçant, Champagne Éléonore préserve la vivacité et la minéralité du terroir d’Oger. Un parti pris exigeant, qui donne des vins droits, ciselés, et souvent taillés pour la garde.
Une histoire qui se transmet
Le nom de la maison rend hommage à une aïeule, Éléonore. Tout un symbole pour une exploitation qui se transmet de père en fils et qui, aujourd’hui, s’écrit aussi avec la génération suivante. Anastasia, la nièce de Didier Dzieciuk, a rejoint l’aventure pour prendre en charge le marketing et la communication. Lui garde la main sur les vignes et la cave, elle porte la voix de la maison à l’extérieur. Ils se décrivent eux-mêmes comme un binôme parfaitement complémentaire.
Entre fidélité au terroir et goût de l’expérimentation, Champagne Éléonore trace sa propre route. Et c’est sans doute ce qui la rend si attachante.




