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18 mars 2026Il y a des endroits qu’on ne cherche pas vraiment. On tombe dessus, on s’y pose, et quelques heures plus tard on se demande pourquoi on n’est pas venu avant. Le hameau de Sailhan, perché en balcon sur la vallée d’Aure, en fait partie
Joël Clavé est originaire du bassin d’Arcachon. Il n’avait donc aucune raison objective de finir dans les Hautes-Pyrénées. Sauf que les Pyrénées ont ce don particulier de ne pas vous lâcher une fois qu’elles vous ont eu. Un jour, avec des amis, la conversation a bifurqué vers une question simple : pourquoi est-ce qu’on ne trouve jamais, en montagne, un endroit qui conjugue vraiment le confort d’une belle maison, l’accueil d’un hôtel qui se souvient de votre prénom, et l’espace pour que tout le monde respire ? Les gîtes standard, non. Les résidences de tourisme clonées, encore moins. « On a décidé de le fabriquer nous-même », tranche-t-il.
Ce « nous-même » a pris la forme d’un pré à moutons en altitude, face au Pla d’Adet, dans le petit hameau de Sailhan. Un terrain dont personne ne voulait vraiment, exposé plein sud, avec une vue qui couvre la vallée de part en part. Depuis 2016, ce pré est devenu Les Hauts de Saint-Lary : dix chalets, cinq appartements, un restaurant gastronomique, un spa, une épicerie de produits locaux et une façon d’habiter la montagne qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans les Pyrénées.

Pierre, ardoise, bois : la noblesse de la justesse
On pourrait passer en revue les équipements. Les saunas privatifs dans les chalets, les poêles à bois qui crépitent dès votre arrivée, les cuisines équipées jusqu’au dernier tire-bouchon, les salles d’eau qui font mentir le mot « location« . Tout cela est vrai et tout cela compte. Mais ce qui frappe d’abord aux Hauts de Saint-Lary, c’est quelque chose de plus difficile à mettre en mots : les bâtiments ne jurent pas avec le paysage.
Construits sous le contrôle de l’Architecte des Bâtiments de France, dans le respect strict de l’architecture pyrénéenne, pierre, ardoise, colombages, bois sombre, les chalets auraient pu être là depuis cent ans. Cette attention-là, ce refus de l’ostentation, c’est peut-être la vraie signature du lieu. « Un concept cosy, propice à la sérénité », dit Joël avec une sobriété qui dit tout.
Delphine, elle, après son séjour en février dernier : « La cuisine extrêmement bien équipée, les chambres et salles d’eau magnifiques, le personnel à l’écoute. Il ne manque rien. Le sauna dans le chalet est la cerise sur le gâteau, le petit plus qui rend l’ensemble inoubliable. » Laszlo, lui, a résumé la chose en une phrase : « À peine franchi le seuil, on se sent chez soi. » C’est court. C’est exactement ça.

Un pré à moutons avec vue sur l’Espagne
Sailhan n’est pas Saint-Lary. C’est son alter ego perché, à cinq minutes en voiture du centre animé de la station, à l’écart du flux des vacanciers, dans un silence qui n’a rien de la solitude. De là-haut, le panorama embrasse toute la vallée d’Aure, cette longue vallée pyrénéenne qui remonte depuis Arreau jusqu’à la frontière espagnole, traversée par la Neste d’Aure et protégée à l’ouest par l’Arbizon. Un territoire pastoral, largement ensoleillé, épargné par les excès du développement touristique industriel.
En bas, Saint-Lary-Soulan est la première station de ski des Pyrénées françaises avec ses 100 km de pistes réparties sur trois secteurs entre 1 700 et 2 515 mètres d’altitude. Le téléphérique relie le village aux pistes en huit minutes. Mais depuis Sailhan, les pistes ne sont qu’une option parmi d’autres et c’est précisément ce qui fait la différence. Charles s’en souvient bien : « Alors que le temps était maussade et pluvieux et que tout le monde ne skiait pas, nous avons passé un excellent séjour. Un petit feu de bois, un apéritif en amis au coin du feu ont rendu ce séjour particulièrement mémorable. » La montagne sans la pression de rentabiliser son forfait, c’est aussi ça, les Hauts de Saint-Lary.
Erassens : le chef qui ne ment pas
Le restaurant gastronomique du hameau aurait pu être une concession commerciale de plus. Il ne l’est pas. Le chef a posé trois règles en ouvrant : saisonnalité stricte, producteurs dans un rayon de 200 km, poisson frais de la criée de Ciboure au Pays Basque. Ce qui donne une carte qui change, qui surprend, où un carpaccio de daurade peut voisiner avec l’agneau des Pyrénées sans que l’un ou l’autre ait l’air d’être là par erreur. La terrasse, l’été, avec la vue sur les sommets et le hameau qui s’endort doucement, vaut à elle seule le détour.
La vallée d’Aure a ses propres trésors à table : le porc noir des Pyrénées, la garbure mijotée selon les vieilles recettes, le safran cultivé en altitude, le miel des abeilles noires qui butinent les prairies sauvages dès le printemps, les fromages des pâturages d’altitude. L’épicerie du domaine en rassemble les meilleurs, pratique pour repartir les bras chargés. « Le restaurant Errassens est fabuleux », confirme François, qui a séjourné à l’automne. « Les balades dans le secteur très variées. Sans oublier le brame du cerf à cette saison. »
Quatre saisons sans temps mort

L’hiver est évident. Mais le grand pari des Hauts de Saint-Lary, dès l’origine, c’était les quatre saisons. Au printemps et en été, la Réserve naturelle du Néouvielle et ses lacs d’altitude à couper le souffle, les cols de légende pour les cyclistes, le Col de Portet a accueilli une arrivée du Tour de France dès 2018, le bike park, le canyoning, le parapente, les sentiers de randonnée infinis vers l’Espagne par la vallée du Rioumajou. À l’automne, les forêts dorées et le brame du cerf dans les clairières. L’hiver enfin, pour ceux qui n’ont pas besoin d’une liste d’activités pour se sentir en vacances : le sauna panoramique, le hammam, le bain nordique, une séance de yoga au réveil et rien d’autre à faire que de regarder la neige tomber sur les crêtes.
Marine, revenue en septembre, a mis le doigt sur ce que tout le monde finit par ressentir : « Parenthèse enchantée, tout est fait pour se sentir bien aux Hauts de Saint-Lary. Un joli cocon qu’on a hâte de retrouver après une belle journée en montagne. »
Pratique
Les Hauts de Saint-Lary Hameau de Sailhan,




