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27 mai 2026Entre Sartène et Bonifacio, sur la route du sud de la Corse, il existe une halte que ceux qui la connaissent gardent jalousement pour eux. L’Auberge l‘Oasis du Lion occupe depuis 1976 une demeure du XVIIe siècle, face au rocher le plus célèbre de l’île. Hélène y cuisine comme on nourrit les gens qu’on aime : avec les produits d’ici, sans détour.
Il y a des endroits qui n’ont pas besoin de se raconter. Ils existent, ils durent, et les gens qui les découvrent finissent par y revenir. L’Oasis du Lion est de ceux-là. Sur la RT40 qui serpente entre Sartène et Bonifacio, au moment où la route s’incurve en balcon sur la vallée de l’Ortolu, une silhouette de granite rose se découpe sur le ciel : le lion de Roccapina, couché depuis des millénaires sur son éperon rocheux, les yeux tournés vers la mer. Juste en dessous, une auberge.
Le bâtiment a de la mémoire. Construit au XVIIe siècle, il a servi d’octroi, puis de succursale des douanes sous le Premier Empire, point de passage obligé des échanges de blé, d’huile d’olive et de denrées le long de la vallée. Bien avant qu’Hélène Marcatte n’en prenne possession en 1976, un homme épris du lieu avait rêvé d’en faire un cabaret, et lui avait donné le nom qu’il porte encore aujourd’hui. La guerre avait mis fin au projet. Hélène, elle, a mis fin aux ruines, et honoré la mémoire de cet homme en gardant le nom.

Une cuisine du lieu et de la saison
Ce qu’Hélène propose à sa table ne ressemble pas à ce qu’on trouve dans les restaurants de bord de route. C’est une cuisine qui suppose du temps, de la connaissance et des relations. Les viandes, les légumes, les fromages et les charcuteries viennent des producteurs des environs, notamment du Campus AgriCorsica de Sartène, établissement d’enseignement agricole reconnu pour ses filières d’élevage ovin et porcin, et ses productions fromagères et charcutières dans la tradition insulaire.
La carte suit le rythme de la mer et des saisons. Le matin, la pêche arrive. Le soir, elle est dans l’assiette. Langoustes, oursins, huîtres, poissons du jour côtoient des plats mijotés que l’on ne cuisine presque plus chez soi : tête de veau, rognons, tripes, daube à la myrte. En hiver, quand le maquis sent le feu de bois, les figatelli, les boudins corses au raisin et la coppa font leur retour sur la carte, cuisinés de décembre à fin avril selon les rites de la saison froide.
Les desserts ont la même cohérence. Flan à la farine de châtaigne, ambrucciata, fiadone, tarte aux pommes du verger. La maison : le Délice Corse, une association de farine de châtaigne, de chocolat et de brocciu frais, qui dit tout de l’identité culinaire de l’île en une bouchée.

Le lion de Roccapina, gardien du repas
Manger à l’Oasis du Lion, c’est dîner avec un panorama qui n’appartient à aucune carte postale tant il est vivant. Le rocher du lion est une formation de granite rose façonnée par des millénaires d’érosion, qui culmine à 144 mètres et donne l’illusion parfaite d’un grand fauve couché, la tête tournée vers la Méditerranée. À ses pieds, une tour génoise veille sur la baie. Plus bas, la plage de sable blanc de Roccapina, site naturel protégé géré par le Conservatoire du littoral, étire ses eaux turquoise dans un paysage intact.
Hélène connaît ce paysage mieux que quiconque. Elle le raconte à ceux qui s’arrêtent : la géologie du site, la légende du seigneur berbère surnommé le lion en raison de sa bravoure, les formes animalières que l’oeil finit par distinguer dans la roche quand on sait où regarder. Les voyageurs repartent nourris deux fois : dans le ventre et dans les yeux.
Trois chambres pour prolonger l’escale

Pour ceux que le lieu retient, l’auberge propose trois chambres ouvertes en haute et basse saison. Deux chambres à deux lits pour les groupes d’amis ou les familles, une chambre double pour les couples. Toutes donnent sur le lion de Roccapina et sur la mer. Les salles de bain sont indépendantes, les murs en pierre et le bois évoquent ce que le mot « auberge » veut réellement dire : pas un hôtel, un abri.
La situation géographique est idéale pour rayonner dans le sud de l’île. La plage sauvage de Roccapina et sa tour génoise se rejoignent à pied depuis l’auberge. Sartène, Bonifacio et Propriano sont accessibles en voiture en quelques minutes. Demi-pension, pension complète et petit-déjeuner maison sont disponibles sur demande.




